Le prix juste : réflexions sur l’augmentation des tarifs

14 avril 2022

Depuis le mois de janvier, les heures de soleil et nos envies de printemps ont augmenté. Malheureusement, les prix de nos produits aussi : légèrement, soyez rassurés. On a fait notre maximum et sommes contents d’arriver à une moyenne de 8% VS les 10-15% d’inflation du moment. 

* nos prix publics

Vous vous en doutez, ce n’est pas de gaité de cœur que l’on fait ce genre d’annonce, nous qui faisons tout pour faire adopter le réutilisable au plus grand nombre ! Comme on voit le verre à moitié plein, on a voulu saisir l’occasion pour… 

  1. vous résumer pourquoi ça flambe un peu partout dans l’industrie.
  2. vous expliquer comment Gobi est impacté (ce que ça change pour nous).
  3. vous partager notre objectif d’un prix juste (ce que ça change pour vous).
  4. vous prouver que l’avenir n’est pas forcément si noir que ça.

Vous nous suivez ? Alors allons-y.

Pourquoi les prix augmentent-ils ?

Dans la construction, ce sont le bois et l’acier qui deviennent des denrées convoitées. Dans l’agroalimentaire, les prix du blé, du maïs ou encore du soja dévissent. Et du côté des technologies, ce sont le cuivre, le fer ou l’aluminium qui coûtent de plus en plus cher. Tous les secteurs sans exception sont touchés !

Sans partir dans des raisonnements complexes, qu’on laisse volontiers aux experts, les raisons principalement évoquées sont les suivantes :

  • Après le choc du Covid-19, la demande a augmenté beaucoup plus vite que la capacité de production a redémarré. La reprise économique chinoise notamment a surpris les marchés. Prenons l’exemple du papier et du carton : de nombreuses usines de fabrication de pâte à papier avaient fermé face à une surproduction et une baisse de la demande avant la crise et se retrouvent désormais dans l’incapacité de répondre à une demande massive. En plus, les filières de recyclage qui transforment les vieux journaux en cartons ont ralenti leur activité en Europe. 
  • Le Covid a aussi joué un rôle dans la désorganisation du commerce mondial, en créant des tensions logistiques importantes. La reprise n’a pas été anticipée par tous et les fournisseurs qui privilégient les plus offrants sont nombreux. Le transport maritime s’est ainsi retrouvé en surchauffe totale, provoquant des ports européens congestionnés, des délais de livraison extrêmement longs et une mise en péril avant tout des petites entreprises, moins capables d’absorber le prix des conteneurs qui flambent. 
  • La montée du prix de l’énergie (pétrole, gaz, électricité) et la crainte de pénuries liée à la guerre en Ukraine se répercutent sur les marchés sous forme de prix élevés… et très volatiles. Impossible de savoir de quoi demain sera fait. Tout le monde cherche à anticiper et les spéculateurs se régalent. 
  • D’importants mouvements sociaux partout dans le monde ont éclaté suite au Covid et à la hausse des prix : nombreux sont les ouvriers qui font grève, les usines contraintes de réduire la voilure, comme aux États-Unis où le phénomène en octobre dernier était tel qu’on ne parlait plus que du “striketober” (contraction de strike, grève, et octobre), ou encore au Brésil, sur les pétroliers et dans la métallurgie. 

En bref, l’augmentation des prix au global est liée à l’augmentation du prix des matières premières et de l’énergie pour les transformer et les acheminer, mais aussi à un contexte économique, géopolitique, social et écologique tendu. 

Si l’ambiance n’est pas exactement à la fête, disons que cette situation est une vraie opportunité de revoir ses approvisionnements et l’analyse des coûts. Prenons Gobi pour exemple.

En quoi Gobi est impacté ?

Jusqu’à présent, Gobi s’en était plutôt bien sorti figurez-vous. On a continué à répondre présent pendant la crise du Covid, sans rupture de stock et sans augmentation des tarifs. C’est l’effet kiss cool de produire à Périgny-sur-Yerres plutôt qu’à Beijing et de s’efforcer de réduire son impact en matière de transport et donc d’emballage : zéro conteneur coincé dans le canal de Suez, 100% des commandes livrées au cœur de la tempête. 

Mais depuis plusieurs mois, pas une semaine ne passe sans que Marion aux achats ou Samuel, qui supervise toutes nos opérations, ne reçoivent un mail d’un de nos partenaires industriels qui annonce une hausse de ses tarifs. “On vous aime beaucoup mais notre main d’œuvre coûte plus cher, on est en rade de palettes, le prix de l’essence n’en parlons pas et la matière première nous coûte un bras et d’ailleurs sûrement les deux bras d’ici quelques semaines  – alors désolés, mais la facture va grimper”. Grmpf. 

Voici comment ces annonces se reportent sur notre activité : 

  • Le coût du papier augmente, et donc les emballages carton dans lesquels on vous envoie vos Gobi.
  • Le prix de l’énergie augmente et donc le coût de fabrication de tous nos produits. Il faut bien faire tourner les machines et certaines sont un peu plus énergivores que votre blender…
  • Le carburant augmente, et donc le transport et l’acheminement de noss commandes, même si l’on privilégie les circuits courts.
  • L’inox a fait un bond de 20% (!), donc forcément, nos couverts nous coûtent plus chers à produire.
  • Le verre et nos plastiques (y compris bio-sourcés) valent plus et donc nos gourdes aussi : la coque du Gobi Indoor nous coûte désormais 9% plus cher, le copolyester (le bon plastique) du Gobi Original a augmenté et le Formi des bouchons aussi. 

Bref, le coût de revient (ce que ça nous coûte à nous) grimpe mathématiquement, puisque tous les composants coûtent plus chers – “la part matière” augmente, comme on dit dans le jargon.

Un prix juste, c’est quoi alors ?

Dans cette situation, plusieurs options – en théorie. Soit on décide de baisser en qualité (c’est non, nein, no, jamais), soit de réduire sa marge ou enfin d’ajuster ses prix. 

L’option marge ne fonctionne pas pour Gobi, puisqu’elle est déjà réduite au maximum pour garantir un produit responsable, éco-conçu, solidaire, sain, made in France ET accessible ! Toutes les entreprises engagées le savent : la RSE a un coût, et emprunter ce chemin vertueux revient  à courir le même marathon que les autres, mais avec un poids à chaque cheville. Entre un t-shirt à 30€ ou à 3 €, le budget n’est évidemment pas le même, mais l’impact environnemental et sociétal non plus #consommacteur.

Il ne reste donc que l’option 3 : ajuster les prix. Le prix des produits Gobi a depuis toujours vocation à être un prix juste = qui intègre le coût incompressible d’une démarche d’écoconception et de production locale, tout en nous permettant de rester compétitifs pour continuer à faire gagner des parts de marché au réutilisable. 

Un prix en dit long. Le nôtre raconte toute l’histoire de Gobi, avec beaucoup de bon sens écologique :

Exercice réalisé à partir des résultats de 2021. La TVA apparait pour représenter la part accordée aux taxes sur notre prix public.

Et maintenant, on fait quoi ?

Chez Gobi, on est persuadés que cette hausse des prix et plus largement ce contexte pas banal nous encourage à privilégier le réutilisable, le recyclable et l’économie circulaire.

La contrainte économique vient refléter la contrainte environnementale : nos ressources ne sont pas infinies. Il est donc essentiel d’aborder l’utilisation des matières quelles qu’elles soient avec sobriété, et de continuer à inventer des produits qui remplissent (bien) leur fonction sans être dans la surenchère. C’est la mission de l’éco-conception que l’on partage avec vous dans notre Lab. On en parle ensemble ?