Connaissez-vous le projet « Vendée Globe – Microplastiques » ?

4 novembre 2020

Gobi est fier de soutenir le projet de recherche “Vendée Globe – Microplastiques” de Fabrice Amedeo skipper du Vendée Globe 2020 !

A l’occasion de ce partenariat scientifique, nous avons eu la chance d’interviewer le skipper du bateau Newrest – Art & Fenêtres, à quelques jours du grand départ, prévu le 8 novembre prochain.

Jean-Marie Liot / Newrest – Art et Fenêtres

Le skipper Fabrice Amedeo va collecter des microplastiques pendant le Vendée Globe, tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance.

A son arrivée, trois instituts scientifiques dont l’Université de Bordeaux, se partageront les travaux d’analyse, d’interprétation et de modélisation des résultats.

L’objectif de cette mission est double : établir une cartographie de la pollution par les microplastiques dans les eaux de surface océanique et évaluer leur imprégnation chimique et leur toxicité.

Gobi accompagnera l’Université de Bordeaux dans ce travail d’analyse à l’issue du Vendée Globe.

Photo : © Jean-Marie Liot / Newrest – Art et Fenêtres

Comment est né ce projet “Vendée Globe Microplastiques” ? 

Féru de voile tout étant journaliste au Figaro, j’ai participé au Vendée Globe 2016. C’était un grand challenge sportif et l’aventure d’une vie. J’avais alors une vision très romantique de l’océan, de ses étendues immaculées et j’aimais cette impression de quitter le monde des hommes et sa pollution. 

A mon retour, j’ai quitté mon travail pour devenir navigateur professionnel. J’ai acheté un nouveau bateau, plus récent, et j’ai cherché quelle dimension donner à mon projet, au-delà du simple défi sportif, pour accompagner ce changement de vie.

J’avais été marqué par certaines catastrophes à terre, comme les feux de forêt en Australie, et mes trois filles sont particulièrement éveillées à la protection de l’environnement. 

Je me suis donc engagé dans un projet scientifique sur la pollution de l’océan comme marin mais également comme père et comme citoyen !

En septembre 2019, lors de la Transat Jacques Vabre, j’ai fait ma première course avec un capteur océanographique qui mesure le CO2, la salinité et la température de l’eau, avant de découvrir le capteur de microplastiques, testé et approuvé sur la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne en juillet 2020.

Qu’est-ce que cela va changer pendant votre Vendée Globe ?

Les capteurs me demandent un peu d’organisation. Ce sont des blocs de trois filtres que je change toutes les 24H en renseignant très précisément un certain nombre d’informations (localisation, date, etc.). Ndlr : si vous souhaitez en savoir plus, Fabrice a réalisé cette vidéo en mer.

Nous avons créé sur mesure un sac de stockage des filtres, bien compartimenté, pour ne pas les mélanger et éviter qu’ils ne bougent quand le bateau gîte.

L’objectif est de remettre ces filtres aux chercheurs à mon retour pour qu’ils puissent cartographier les prélèvements et en analyser la composition. L’Université de Bordeaux, que vous soutenez, sera notamment en charge d’étudier la toxicité de ces microplastiques.

Je pars avec une trentaine de kilos supplémentaires mais surtout, ces capteurs sont très énergivores. Ils consomment plus que mon pilote automatique !

Comment produisez-vous de l’énergie à bord ?

Pour produire de l’énergie à bord, j’utilise habituellement un alternateur couplé au moteur (énergie fossile que je souhaite utiliser le moins possible), des panneaux solaires et un hydrogénérateur.

Pour ce Vendée Globe 2020, j’ai dû ajouter une éolienne ! Nous ne serons que deux bateaux sur la ligne de départ à en avoir une. 

©Pierre_Bouras / Newrest – Art & Fenêtres

Je l’utilise notamment à pleine vitesse (les foils nous permettent d’aller très vite sur l’eau). A vitesse moyenne, je privilégie l’hydrogénérateur. Le solaire ne compense que la consommation énergétique du bateau (et uniquement par beau temps évidemment). Cette production/consommation d’énergie à bord m’intéresse beaucoup et fait donc partie des éléments que je vais aussi analyser pendant ce tour du monde.

J’étudie également mon sommeil avec des scientifiques et je suis équipé de deux systèmes permettant de réduire le risque de collisions en mer.

Cela vous arrive-t-il souvent d’entrer en collision avec des « OFNI » ?

La plupart des objets flottants non identifiés, “OFNI”, que nous heurtons avec nos voiliers sont des cétacés. Pour éviter cela, 50% des bateaux sont dotés d’un double système de caméras en tête de mât : l’une avec détection des formes en surface, l’autre avec vision thermique. Le dispositif enregistre les données et s’améliore au fur et à mesure. 

En plus de cet équipement baptisé “Oscar”, j’ai acquis un système d’ultrasons pour me signaler auprès des baleines. Avec un spécialiste, nous avons écouté la signature acoustique du bateau pour que je sache quand émettre ces ultrasons. Ce serait dommage de les activer à une allure où mon bateau est inaudible et d’attirer ainsi des cétacés curieux !

Être skipper, c’est être un entrepreneur ?

Bien sûr ! Je suis en quelque sorte chef d’entreprise d’une petite dizaine de personnes.

C’est passionnant car nous travaillons autant sur des sujets de communication (positionnement, stratégie marketing) que sur des sujets techniques (mécanique, réparation de l’électronique en mer, stages médicaux etc.).

Comment se passe cette dernière ligne droite ?

Les dernières semaines avant la course sont consacrées aux relations médias, à l’étude de la météo et au peaufinement de la stratégie de course.

Mais cette année, tous les skippers sont confinés la semaine avant le grand départ !

Toute l’équipe Gobi te suivra attentivement Fabrice ! Bon vent !!